Le jeu de la dame ou l’importance du sentiment d’auto-efficacité

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Le jeu de la dame ou l’importance du sentiment d’auto-efficacité

Il y a peu, je me suis mise aux échecs. Oui, j’ai regardé “Le jeu de la dame” et c’était fini, on m’avait perdu. A ma grande surprise, je ne suis pas si mauvaise aux échecs ! Alors clairement mon incapacité notoire à me projeter dans l’espace ne me facilite pas la tâche et je suis lente pour analyser les coups… mais je ne m’en sors pas mal !

Pourquoi je vous raconte ça ? Déjà parce que cette série est super cool et je vous la conseille. Ensuite parce que dans mon précédent article, j’évoquais rapidement le “sentiment de compétence ou sentiment d’auto-efficacité”. Je le mentionnais dans le contexte d’une recherche de sens, de projet, de job.

Car, quand on cherche ce que l’on va devenir, quand on analyse nos envies, nos désirs, ce dont on se croit capable influence énormément nos choix et peut parfois nous limiter !

Je me suis mise aux échecs en me disant que de toute façon ça allait être la cata… et en fait, mauvaise perception de moi… mon sentiment de compétence a gonflé en moins de deux !

Alors, il est temps de comprendre ce mécanisme pour casser nos croyances limitantes !

Le sentiment de compétence, la base du mécanisme de réussite !

J’ai découvert le sentiment de compétence en faisant mes recherches sur le bilan de compétences et le bilan professionnel. J’avais besoin de comprendre les mécanismes de réussite et d’échec. 

Le sentiment de compétence est la perception que nous avons de notre aptitude à réussir ou non une activité. Et cette perception influence nos choix, nos actions et nos réussites. 

La théorie de l’auto-efficacité a été développée par Albert Bandura, psychologue canadien. 

Albert Bandura propose deux théories : la première est celle de l’apprentissage par l’observation – basiquement, il s’agit d’apprendre des autres, de leurs réussites comme de leurs erreurs et de les imiter. 

Par exemple, ma grande sœur et mon grand frère, que j’aime de tout mon coeur, sont à la fois des exemples pour moi et des contre-exemples ! Et j’aime le leur dire d’ailleurs 🙂

La seconde théorie, celle de de l’auto-efficacité est présentée par Gérard Roudaut comme “ la partie applicative” de l’apprentissage par observation. Si ma sœur est capable de le faire, je peux le faire aussi ! 

Ce sentiment d’auto-efficacité provient de différentes sources.

Les sources de notre sentiment de compétences

Quatre sources sont identifiées et permettent de nourrir positivement ou négativement notre sentiment de compétence. 

Tout d’abord, les réussites ou les échecs dans des tâches similaires. Par exemple, si vous avez réussi à faire des pâtes bolo, faire des pâtes carbo ne vous semblera pas impossible ! Évidemment, votre sentiment d’efficacité sera plus important dès lors que la tâche réussie est perçue comme complexe … 

Ensuite, comme vue plus haut, l’observation de quelqu’un de performant dans cette activité, l’observation d’une personne dont vous vous sentez proche ou qui vous inspire, peut renforcer votre sentiment d’efficacité, vous donner l’impression que vous aussi vous pouvez réussir et donc faire gonfler votre confiance en vous et vous mettre dans une posture mentale de réussite

Une autre source vient de la persuasion verbale. Il s’agit alors d’une ou de plusieurs personnes de confiance, que vous respectez voire admirez, qui vous disent, vous répètent, vous démontrent, que vous en êtes capable et que vous pouvez y arriver. 

Petite parenthèse à ce sujet : Cela peut venir de vous aussi. On parle alors d’auto-persuasion. Si tous les jours, vous visualisez votre réussite, vous vous répétez que vous en êtes capable, vous vous préparez mentalement à la réussite. J’ai connu ça en gymnastique quand je devais travailler des mouvements à la barre asymétrique et à la poutre qui me faisaient clairement galérer… je me visualisais (pendant des heures) y arriver. Et ça finissait par payer, avec beaucoup de chutes et de boulot évidemment ! – fin de la parenthèse : Croyez en vous !


Et enfin, votre état émotionnel influence grandement votre sentiment de compétence. Si vous êtes stressé(e), fatigué(e) ou angoissé(e), votre perception de vous aura une grande chance d’être assez négative et donc de faire baisser votre sentiment d’efficacité.

Vous l’aurez compris, on parle d’un sentiment, d’un ressenti. Il dépend donc de votre perception de vous et il est très important dans nos choix et nos réussites !

L’importance du sentiment de compétence dans nos choix et réussites

Albert Bandura précise que plus le sentiment d’efficacité est important sur une tâche donnée, plus notre intérêt pour celle-ci augmente. D’où l’influence de notre perception de nous sur l’ensemble de nos choix ! 

Une perception de nous limitante, biaisée voire complètement à côté de la plaque risque de limiter grandement nos choix de métiers, de vie, nos projets et notre sentiment de pouvoir les réussir.

Lorsque nous avons un faible sentiment de compétence dans un domaine, on évite simplement d’y aller. C’est menaçant, dangereux. Pas d’envie, pas d’implication.

Tandis que lorsque nous avons de l’assurance et donc un fort sentiment de compétence dans un domaine, nous considérons les obstacles comme des challenges à relever ! Nous nous impliquons plus, nous cherchons des solutions et devinez quoi, on augmente encore notre sentiment de compétences … cercle vertueux !

Mais alors, comment faire pour avoir une bonne perception de nous ?

Pas de secret, il faut travailler sur nous et sortir de notre zone de confort, il faut expérimenter des choses, faire face aux éventuelles difficultés. Nous pouvons être accompagné(e)s dans ces démarches avec des coachs, des psychologues, lors de bilans de compétences ou  bilans professionnels. 

La première étape consiste à reprendre confiance en vous ! Pour cela vous pouvez faire un petit 360° par exemple ! 

Lancez-vous, ça change la vie !

Et vous, quelle est votre dernière expérience surprenante qui a fait gonfler votre sentiment de compétence ?